Caen Béatification: le tribunal est constitué pour la sœur de Sainte Thérèse

Mgr Boulanger, évêque de Bayeux et Lisieux ce jeudi 2 juillet en la chapelle de la Visitation de Caen, a ouvert le procès en béatification de Léonie Martin

07/07/2015 à 20:58 par emilefouda

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Le procès en béatification de Léonie Martin, fille des Bienheureux Louis et Zélie Martin et soeur de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus a été solennellement annoncé par Mgr Boulanger, évêque de Bayeux et Lisieux, ce jeudi 2 juillet en la chapelle de la Visitation de Caen.
C’est ici, à Caen, dans le monastère de la Visitation, qu’elle a fini ses jours, le 17 juin 1941, alors âgée de 78 ans. C’était hier. « Des personnes qui avaient 10 ou 20 ans cette année là, ont bien pu la connaître », affirme cette grand-mère venue assister à l’ouverture du « procès ». Léonie Martin porte l’illustre grâce de faire partie d’une famille de saints de l’église comme d’autres le sont de médecins, enseignants ou notaires… Léonie est sur le chemin de la sainteté pour y retrouver ses parents, futurs canonisés ou sa sœur, SainteThérèse, qui jouit déjà d’une renommée planétaire.
74 ans après sa mort
« La cause de béatification et de canonisation de la servante de Dieu Soeur Françoise-Thérèse est bel et bien lancée». Servante de Dieu est la toute première étape d’une longue voie qui a commencé, jeudi dernier, à Caen, par la constitution du tribunal et l’ouverture de l’enquête diocésaine sur les vertus de la future béatifiée. Cette étape promulguée par Mgr Boulanger, en sa qualité d’évêque de Bayeux et de Lisieux, ne peut avoir lieu qu’avec, à ses côtés », un « postulateur ». Le Père Sangalli,« postulateur » est celui qui se charge de faire avancer le procès, vérifier l’authenticité des documents… Celui sans lequel aucune enquête de ce type ne peut être déclenchée.  Le père italien en est à sa deuxième ou troisième du genre. « J’ai étudié toute la biographie de Léonie. En lisant ce qu’elle a écrit ou ce qui est écrit sur elle, je me suis fait à l’idée qu’elle pouvait être sainte ». Mais le chemin est long. Très long, affirme le prélat. En général, explique t-il encore, il faut attendre au moins cinq années, après le décès pour envisager l’ouverture d’un tel procès. Léonie Martin aura attendu 74 ans.
Des éléments de sainteté
De nombreux témoins sont censés intervenir pendant le processus de béatification. depuis 1941, raconte le Père Sangalli, de nombreux courriers sont parvenus du monde entier (Amériques, Afrique, Europe,etc) pour demander des prières et obtenir des grâces auprès de Léonie. « Ce sont des  éléments de sainteté que nous devons recueillir »
L’évêque a mis en place « un tribunal, fait prêter serment aux membres de la commission historique – étape fondamentale – chargée de collecter les documents, les analyser puis les classer par ordre chronologique, de la naissance à la béatification, avant de tout envoyer à Rome, où l’Eglise se prononcera définitivement ». A nouveau,au terme de un à deux ans, l’évêque de Bayeux -Lisieux réunira le tribunal pour clôturer la session.

Encadré
Les étapes de la sainteté

1-Aujourd’hui commence l’enquête diocésaine. Celui ou celle qui en est l’objet est appelé Serviteur de Dieu. 2- Il devient Vénérable, lorsque le processus de béatification est arrivé à son terme. 3-A ce stade, on n’attend pas nécessairement un miracle de guérison par exemple, pour que la ou le Vénérable soit reconnu par l’Eglise. 4- Il ou elle devient béatifié(e) ou Bienheureux (se) lorsqu’inéluctablement, une guérion miraculeuse a eu lieu et actée à la fois reliegieusement et reconnue comme « inexpliquée » scientifiquement. 5- Il ou elle est déclarée Saint(e) lorsqu’a eu lieu un nouveau miracle, validé dans les mêmes conditions que précédemment. Dans ce cas, le chrétien est dit canonisé.
A noter qu’un martyre, celui ou celle, qui meurt « en haine de sa foi », ou celui ou celle qui a « porté à un haut dégré l’exercice des vertus chretiennes » sera « béatifié », dit « Bienheureux ».
FOCUS

Biographie de Léonie Martin
La « pauvre Léonie » : c’est ainsi qu’on la désigne dans les lettres ou les conversations dans la famille Martin. Pauvre selon nos regards à courte vue ; pauvre si on la compare à ses sœurs si richement dotées de dons spirituels, artistiques, intellectuels ; pauvre en raison de son cheminement vocationnel tout en méandres ! Et pourtant, Léonie, la troisième de la famille Martin, sera le meilleur disciple de Thérèse, celle qui comprendra le mieux la voie de l’enfance spirituelle.
Une enfance difficile Quand elle  naît le 3 juin 1863, commence pour ses parents, le cortège des soucis en raison de sa frêle  santé  : retard de développement, convulsions, eczéma dont elle souffrira toute sa vie. Et même si, vers l’âge de six ans, son état de santé semble se stabiliser, son caractère difficile qui nuit à l’atmosphère familiale inquiète toute la maison. Seul un miracle qu’attend Madame Martin pourrait changer la situation.
Est-ce le premier signe de ce miracle désiré quand Léonie écrit à sa tante visitandine, quelques jours avant la mort de celle-ci, le 24 février 1877,
pour lui demander d’intercéder afin qu’elle devienne une sainte religieuse ?
Serait-ce grâce à l’intercession de la sainte tante, que fut décelée l’une des causes qui rendaient Léonie insaisissable ? La servante Louise,  dévouée et fidèle par ailleurs, exploitait la faiblesse de Léonie et exerçait sur elle une autorité despotique. Quand la situation est clarifiée, Léonie commence une transformation qui s’accélère encore après la mort de Madame Martin.
Vie religieuse Pourtant, Léonie n’a pas fini de surprendre et d’inquiéter. À l’occasion du voyage de la famille à Alençon en 1886, Léonie décide soudainement  d’entrer au monastère des clarisses où  elle ne reste que deux mois. La tante, visitandine au Mans, avait écrit à Madame Martin en 1869 :  « Quant à cette petite Léonie, je ne puis m’empêcher de croire qu’elle sera Visitandine ». L’intuition va se réaliser mais Léonie devra plonger trois fois avant de s’établir définitivement dans les profondeurs de la vie salésienne. Une première fois en 1887. Léonie ne reste que six mois au Monastère et sera donc aux Buissonnets quand
Thérèse quitte la maison pour entrer au Carmel. Léonie, fidèle compagne de Céline, partage alors le rude chemin de Croix que constitue la maladie de leur père.
Elle tente un deuxième essai à la Visitation en juin 1893. Thérèse la soutient par ses lettres très affectueuses mais Léonie doit revenir dans la  famille deux ans plus tard. Après son  « entrée dans la vie » Thérèse obtiendra à sa « chère Léonie » de réussir son troisième essai à la Visitation. Entrée le 28 janvier 1899, elle y mourra le 17 juin 1941, âgée de 78 ans.
Dans la petite voie sous le nom de Sœur FrançoiseThérèse, elle devient en vérité, fille de François de Sales, le saint de la douceur, et s’engage à fond dans la voie de la confiance et de l’abandon, à l’école de sa sainte petite sœur. Consciente de ses faiblesses, de ses lacunes, elle se réfugie dans le Cœur miséricordieux de son Bien-Aimé. La vie de Léonie tient en ces mots qu’elle a écrits : « O mon Dieu, dans ma vie où Vous avez mis peu de ce  qui brille, faites que comme Vous, j’aille aux valeurs authentiques, dé- daignant les valeurs humaines pour estimer et ne vouloir que l’absolu, l’éternel, l’Amour de Dieu, à force d’Espérance. »1. 1. www.lecarmel.org
Caen, 14

Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image

Votre journal cette semaine

Dessins de presse

Le Malherbomètre

Da-Silva-Mbapp.JPG

Abonnement

Recevez l'actualité qui
vous concerne. Je m'abonne

Un concentré d'informations pour ne rien manquer !

Je m'inscris à la newsletter